LE MESSAGE DES SOUFIS
Les Soufis sont les mystiques de l’Islam. Ils sont proches de
la philosophie grecque, des chrétiens, du Zoroastrisme, de la Gnose
… Ils ont souvent été persécutés par les
légalistes et les pouvoirs politiques : Al Hallaj a été
crucifié à Bagdad en 922, Sohrawardi étranglé
dans sa prison en 1191, le Bab fusillé à Tabriz à 30
ans en 1850 …
DJONAY : Le Soufisme, c’est que Dieu te fasse mourir à toi-même,
pour te ressusciter en Lui.
1. Al HALLAJ, (858-922). Le soleil de Ta Présence s’est levé
sur l’horizon
de mon âme et il n’y aura plus de coucher de soleil.
- L’homme, créature créante et créateur créé.
- La Terre est-elle donc si vide de Toi, qu’ils lèvent la tête
pour
Te chercher dans les cieux ?
- S’Il n’irradiait pas, tous nieraient Son existence et s’Il
ne se
voilait pas, tous seraient fascinés.
- J’ai un coeur qui a les yeux grands ouverts vers Toi et tout cela
est dans Ta main.
Quand Tu te caches à mes deux yeux dans l’invisible, mon coeur
observe
Ton lever en lui.
- Nous voici pour Te servir de témoin. C’est dans Ta grâce
et dans
la splendeur de Ta gloire,que nous venons chercher refuge, afin que Tu fasses
paraitre ce
que Tu veux, dans Ton essence sublime et par Ton décret.
- J’ai étreint, de tout mon être, tout Ton amour,
et Tu T’es tant manifesté qu’il me semble qu’il
n’y a plus que Toi en moi.
- Ton moi, si tu ne l’asservis pas, il t’asservira.
2. FARABI, (872-950). Les hommes regardent le ciel,
mais leur chapeau tombe, et ils se baissent pour le ramasser.
3. AVICENNE, ( Ibn Séna, 980-1037). Pourquoi cherches-tu autre
chose que Moi ?
- Fais qu’il n’y ait plus rien entre Toi et moi,
- qu’il n’y ait plus mon moi, remplacé par Toi
4. GHAZALI, (1058-1111). Chaque homme ne reçoit pour sa part d’amour,
que celle que souhaite son âme.
- Seigneur où es-tu, que je me dirige vers Toi ? - Tu es déjà
arrivé.
- Quand on regarde dans un miroir, on ne voit pas l’essence du miroir,
mais sa propre figure.
5. SOHRAWARDI, (1155-1191). Qui se connaît soi-même, connaît
son Seigneur.
- A celui qui persévère dans la méditation, la Lumière
lui apparaîtra,
il entendra le bruissement des ailes de l’archange Gabriel
et il partira à la conquête du château-fort de l’âme
avec les Fidèles
d’amour, à la rencontre de son Archétype céleste.
- L’âme apaisée retourne vers son Seigneur, agréée
et agréante.
6. IBN ’ ARABI, (1165-1240). Aimer par raison, ce n’est pas
aimer.
- De l’amour nous sommes issus,
Selon l’amour nous sommes faits,
C’est vers l’amour que nous tendons,
A l’amour que nous nous adonnons.
- Bien aimé, tant de fois t’ai-je appelé et tu ne M’as
pas entendu !
Tant de fois Me suis-je montré à toi et tu ne M’as pas
vu !
Pourquoi ne peux-tu pas M’atteindre à travers les objets que
tu palpes,
ou me respirer à travers les senteurs ?
Pourquoi ne Me vois-tu pas, pourquoi ne M’entends-tu pas ?
Pourquoi, pourquoi, pourquoi ?
- Aimes-Moi seul, aimes-Moi d’amour, nul n’est plus intime que
Moi !
Les autres t’aiment pour eux-mêmes, Moi je t’aime pour
toi et toi
tu t’enfuis de Moi !
- L’aimé de la passion, c’est Moi, si vous saviez !
La passion est ce que J’aime, si vous pouviez comprendre !
Pourquoi sont-ils aveuglés par ce que Je laisse paraître d’une
manière
si patente, de l’Etre bien-aimé ?
7. Farid ud-din ATTAR, (1142-1230)
- L’amour n’a que trois chemins : le feu, les larmes et le sang.
- Le pélerinage n’est qu’un voyage de soi au Soi.
8. Djalal ud-din RUMI, (1207-1273).
- Notre mort, c’est nos noces avec l’éternité.
Quel est son secret ?
- "Dieu est un".
- La grande merveille, c’est toi et moi blottis dans le même
nid.
- En toi-même, celui qui voit et celui qui est vu ne sont qu’un.
- La lumière éphémère est l’attribut du
corps et de la chair,
c’est la Lumière éternelle qui est la Lumière
de Dieu,
je reçois de Lui sa lumière dans sa Théophanie.
La lumière de Dieu a sept cent voiles, considère les comme
autant
de degrés, derrière chacun de ces voiles se trouve une catégorie
de Saints,
ceux du premier rang, à cause de leur faiblesse, ne peuvent en supporter
plus, mais peu à peu leur vue s’améliore et, passés
au-delà, ils deviennent
l’Océan.
- Nourris-moi, car j’ai faim et hâte-toi, car le temps est un
glaive tranchant.
Cherche la réponse en ce même lieu d’où t’es
venue la question.
- L’amour est cette flamme, qui lorsqu’elle s’élève,
brûle tout :
Dieu seul reste.
L’Amour est un océan infini dont les cieux ne sont qu’un
flocon d’écume,
sache que ce sont les vagues de l’amour qui font tourner les roues
des cieux, chaque atome est épris de cette Perfection et se hâte
vers Elle.
A chaque instant retentit de tous côtés l’appel de l’Amour.
L’Amour est venu, il est comme ma peau et le sang de mes veines,
le Bien-Aimé a pénétré toutes les parcelles
de mon corps,
de moi il ne reste plus qu’un nom, tout le reste est Lui.
- Le Roi de la pensée sans trouble, en dansant, s’en est allé
vers
l’autre pays, le pays de la Lumière.
Abdallah ASARI, J’ai voulu connaître Dieu et je n’ai trouvé
que moi-même,
je suis entré en moi-même et j’ai trouvé Dieu.
Hazrat Inayat Khan (1882-1927), Faites de Dieu une réalité
et il
fera de vous Sa vérité.
Souviens-toi, rappelle-toi, retrouve le souvenir de ton état antérieur,
reprends conscience de ta vraie nature, réveille-toi à ta
perfection divine.