HUMANISME
1. Définition. Position,
mouvement, doctrine, ou système philosophique
Il le conçoit comme un absolu, sans lien de parenté avec la nature
comme avec dieu.
Donc l'humanisme s'oppose au naturalisme et au théologisme.
2. Sortes. Mais
avec une définition aussi vague, chacun peut appeler son système "un
humanisme" pour faire bien. Voici quelques uns des plus célèbres :
1. Humanisme grec de Protagoras :
"L'homme est la mesure de toutes choses". Protagoras étant le plus
célèbre des sophistes, son système aboutit au relativisme (chacun est la mesure
de toute chose et peut faire ce qu'il veut) et a été violemment critiqué par
Platon.
3. Tentative d'Auguste Comte de
fonder une "Religion de l'humanité" encore pratiquée au Brésil
4. Doctrine de Schiller qui est un
pragmatisme, Hermant, More etc.
5. Il existe aussi des humanismes
esthétique, économique, politique (qui s'oppose à l'étatisme), etc. La
psychologie humaniste veut restaurer la dignité de l'homme, face au
behaviorisme et à la psychanalyse, et libérer le potentiel entravé qui est en
lui.
6. Querelle entre les
existentialistes sur la possibilité de l'humanisme athée et de l'humanisme
chrétien. L'humanisme athée est défendu par Sartre dans son livre L'existentialisme est un humanisme car
l'homme se choisit librement une morale.
L'existentialisme chrétien de
Jaspers, Gabriel Marcel, Berdiaef est défendu par de Lubac dans Le drame de l'humanisme athée.
7. La grande presse n'a jamais choisi entre
toutes ces positions et prudemment n'a jamais cherché à définir son humanisme
ce qui évite toute polémique, chacun pouvant entendre ce qu'il veut par ce mot
et y projeter son idéal personnel.
3. Problèmatique. Le premier problème de l'humanisme est dans les phrases : "L'homme
est la mesure de toutes choses, un absolu ou le fondement de tout, etc."
quel est le sens du mot "homme" ? De quel homme s'agit-il ?
- De l'individu, de chacun. Alors on
aboutit au relativisme. Chacun peut faire ce qu'il veut et pratiquer sa morale,
son esthétique, son économie, son éducation, etc.
- de "l'homme" en général,
selon une catégorie abstraite ayant une valeur universelle. Alors il nous faut
dire quel est cet "homme" et de quel droit on le définit ainsi. Et
l'on devient aussi dogmatique que le théologisme. L'on semble actuellement
admettre que "la mort de Dieu" est très vite suivie de "la mort
de l'homme". Si ce n'est jamais Dieu qui a dit "il faut pratiquer
telle morale", mais des hommes qui disent ce que Dieu a dit, de même
"l'homme" ne dit jamais rien, mais des hommes disent que
"l'homme, la nature humaine ou l'humanisme" implique ceci et non
cela.
Il y a beaucoup de chance que cet
homme abstrait et universel soit en fait "un mâle, adulte, blanc, sain,
intelligent et riche", normal quoi. C'est ce qu'il en a été pour les
humanistes de la Renaissance. Pour certains, cet humanisme est le fondement du
colonialisme et de l'oppression des femmes, enfants, malades, handicapés, fous,
primitifs, pauvres, nomades, colonisés ...
(les Untermensch ou sous-hommes)
Un second problème est dans un retour
inattendu du naturalisme, sous la forme de l'écologie. Si l'homme est la valeur
suprême, les animaux n'ont aucun droit et la nature non plus (plantes,
paysages, océans, terre, cosmos ). Il reste donc à définir un nouvel humanisme
écologique et à dire jusqu'où il va dans sa limitation des droits de l'homme.
Et au nom de quoi on peut limiter les droits de l'homme. Si la nature a des
droits, l'homme n'est plus la seule valeur.