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RENCONTRE AVEC DES FEMMES REMARQUABLES
par Marc-Alain DESCAMPS Université de Paris V. Il n’y a pas que les hommes qui peuvent être remarquables. J’ai vécu longtemps dans l’intimité de diverses femmes dévouées : mère, sœur, grand-mères, cousines, épouse. Mais la femme n’est pas que nourricière, elle sait aussi se faire inspiratrice, muse, guide, égérie. Dans la vie c’est une chance que de pouvoir rencontrer des femmes remarquables et de recevoir leur aide et leur inspiration. Et c’est cet aspect dont il est question ici, pensant que cela peut être utile à d’autres et que leur vie bénéfique mérite de rester dans les mémoires. Faut-il y voir pour autant des vies exemplaires ? On a toujours pensé que seuls les hommes pouvaient être des génies ou des fondateurs de religion. Mais maintenant tout le monde ressent combien nous avons besoin du féminin, qui va être l’avenir de l’humanité. Les femmes sont aussi créatrices et leur anima est toujours à la racine des civilisations. Ici je voudrais présenter et remercier des femmes que j’ai connues
ou rencontrées au cours de ma vie. A des degrés divers et selon
des formes différentes, elles m’ont beaucoup apporté comme
elles l’ont fait d’ailleurs pour tous, tout autour d’elles,
tout au long de leur vie. Je pense les avoir choisies et cherchées, mais
finalement certaines me sont tombé dessus et m’ont traversé.
Je ne serais pas ce que je suis sans elles. H. P. Blavatski a lutté toute sa vie pour faire connaître les
sagesses orientales en fondant la Société Théosophique
entre la science et les religions. Que vont-elles pouvoir nous apprendre ? M’ont aidé aussi bien d’autres femmes, plus ou moins connues. Ainsi je ne peux pas passer sous silence l’apport de Juliette Favez-Boutonnier, psychanalyste et professeur de psychologie à la Sorbonne dans les années 1960. De même Eva de Vitray-Meyerovitch (1909-2002) est une catholique, convertie à l’Islam ou plus exactement au Soufisme sous l’influence de Rumi. Sa conférence faite au Congrès de Lavaur sur « L’amour et le sacré » a paru dans L’amour transpersonnel (Trismégiste, 1988). Sa vision féminine du soufisme m’a montré la voie après de longues discussions. Thérèse Brosse après ses voyages aux Indes a quitté ses chats pour des tournées de conférence. Tara Michael a aussi beaucoup fait pour l’Inde, avec un séjour de dix ans, les traductions pour le CNRS , le Yoga et la danse Odissi. Marcelle Auclair et bien d’autres m’ont inspiré. Nous sommes tous convaincus d’avoir quelque chose de particulier à apprendre des femmes. Le temps des civilisations patriarcales est terminé : la première révolution agricole et pastorale d’il y a 8.000 ans, nous a mené au machisme et aux guerres permanentes de plus en plus meurtrières. La femme ne peut plus rester exclue des sacerdoces et des églises officielles. Son temps est venu et son inspiration va se faire de plus en plus efficace. Les valeurs féminines sont celles dont nous avons le plus besoin : la vie, la douceur, l’amour, la paix, l’ouverture du cœur et la tendresse, la tolérance et le partage. La femme porte en elle la vie et en fait don, elle ne peut donc pas souscrire aux valeurs de violence et de mort. La vie engendre la paix. Et l’intuition de la femme vient de ce qu’elle reste en harmonie avec la vie de la nature. Son action civilisatrice a été d’apporter l’amour dans ce monde d’égoïsme et de compétition. Les femmes semblent trouver dans leur cœur ce centre d’harmonie et d’amour que les hommes cherchent dans les cieux. Que pouvons nous retirer, nous lecteurs, de ces douze présentations ? Le principal enseignement est le secret pour réussir sa vie. Il ne
faut plus penser à soi et vouer sa vie aux autres. C’est le moyen
le plus simple pour échapper à son Ego, à son égocentrisme
naturel et au fond de tristesse qu’il engendre. Rien n’est plus
triste et plus décevant qu’une vie où l’on ne pense
qu’à soi. Ces femmes ont toujours fait passer leur plaisir au second
plan et elles ont trouvé la joie. Enfin la grande découverte est que l’on ne peut pas devenir le contraire de ce que l’on est. Il ne suffit pas d’être vrai, il faut désidentifier de son égo. Nous avons oublié pourquoi nous sommes venus sur terre et notre mission sacrée, aussi sommes-nous devenus la caricature de nous-même. A cause de cet oubli et de cette rupture, nos qualités se changent en défauts. Ainsi l’amoureux de la perfection divine devient un horrible perfectionniste et la Mère Compatissante devient un tyran domestique. La révélation évidente de son identité profonde permet de restaurer l’authenticité en soi et de changer ses défauts en qualités. C’est le dernier cadeau de ces rencontres remarquables. Puisse-t-il nous accompagner tout au long de notre vie. Les femmes remarquables ne vont pas manquer de se multiplier. L’humanité en a un besoin vital. Pour surmonter la crise de civilisation qui nous attend et que certains pressentent, nous avons besoin d’êtres nouveaux : enfants indigos, éveil de la Kundalini, personnes revenues de la mort (dying) ... Mais de plus la femme doit se réveiller de sa longue léthargie comme la Belle au bois dormant (Sleeping Beauty) et passer en tête de l’humanité pour la sauver. La femme est l’Aurore de l’humanité nouvelle.
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