LA MYSTIQUE RHENANE
1 .La PREPARAT ION a été faite par les Béguines
Hildegarde de Bingen, 1099-1179, Gertrude de Hefta 1256-1302 , Mechtilde
de Màgdebourg ,
Mathilde de Hackenborn 1242-1299, etc.
2. APOGEE
1. Maître ECKHART 1260-1328
2. Jean van Ruysbroek l’Admirable 1293-1381
3. Henni Suso 1295-1366 (Heinrich Seuse)
4. Jean Tauler 1300-1361
5. Rulman Merswin 1307-13823.
DECLIN
(Liber Spinitualis ou Théologica Germanica pan l’Anonyme
Thomas a kempis 1379-1471 l’imitation de Jésus-Christ)
Paracelse 1493—1544 <Théophilus Bombast)
Sébastien Franck 1499-1542, Valentin Weigel 1553-1588
Jacob Boehme 1575-1674
Angélus Silésius 1624-1677 (ou Johan Scheffler) Le Voyageur
Chérubinique
Novalis 1772-1801 (Friedrich von Hardenberg)
Anne-Catherine Emmerich 1774-1824
L’ENSEIGNEMENT DE MAITRE ECKHART
1. La nature de Dieu.
L’homme ne peut savoir ce que Dieu est, seulement ce qu’il
n’est pas. ( = théologie négative).
L’Essence de Dieu n’a ni image ni forme. On ne peut pas voir
Dieu comme s’il se tenait là et nous ici;
non, on ne fait qu’un. “Il est des gens qui veulent contempler
Dieu de ces yeux mêmes dont ils regardent une vache et ils veulent
aimer Dieu de la façon même dont ils aiment une vache. Tu aimes
ta vache à cause du lait et du fromage et de ton propre avantage.
Ainsi se comportent toutes les personnes qui aiment Dieu pour de la richesse
extérieure ou pour de la consolation intérieure
Tout ce vers quoi tu diriges ton effort, aussi bon soit-il, si ce n’est
pas Dieu en lui-même, ce ne peut jamais être qu’un obstacle
pour toi devant la suprême vérité”.
Tout être impliquant limitation, le Super-Etre est dit non-être.
C’est la partie incréée de l’Ame, le Chateau fort,
l’Etincelle, l’Arche, l’etwas le quelque chose, la Réalité
indicible, la Réalité
imperscrutable, Gotheit la Divinité, l’Abime supra-sustanciel,
le Super-Etre, la Désert, l’Abîme insondable, le Grund
le Fond insondable...
2. Les Oeuvres et la Foi.
La meilleure pénitence est de faire la volonté de Dieu et
de se détourner de tout ce qui n’est pas Dieu. Il est mieux
de taire un mot méchant que de jeûner pendant 40 jours. “Nous
ne devons rien nous approprier » signifie non pas ne rien avoir, mais
avoir comme un prêt et non comme une propriété; nous
n’en avons que l’usage, Dieu peut nous le retirer à tout
moment.
Quand l’homme se sent séparé de Dieu, il doit se plonger
dans les oeuvres extérieures et la pratique des vertus, quand l’homme
a vraiment le sentiment de Dieu au fond de lui-même, qu’il s’affranchisse
de toute action, pour y demeurer et ne s’occuper que de Dieu seul.
A quoi bon errer dans les champs et les églises, qui a vraiment trouvé
Dieu le sent partout.
Si vous n’avez pas la grâce, au moins ayez-en le désir,
si vous n’avez pas ce désir au moins désirez avoir ce
désir.
Ne rien chercher d’autre que Dieu seul. Un homme bon n’aime
parler que de Dieu.
3. L’amour de Dieu.
Dieu t’aime infiniment plus que tu ne l’aimes.
Il est la fidélité même et ne se détourne pas
de toi.
Il pardonne même le péché, tous les péchés.
Et même est plus aimé celui qui a beaucoup péché,
c’est le Fils prodigue, la Brebis égarée.
Tu ne dois jamais croire qu’il est loin de toi.
C’est toi qui L’ou-blie, te détournes et t’éloignes
de Lui, mais jamais Lui de toi.
Il est plus près de moi, que moi-même je ne le suis.
Inutile de confesser à Dieu vos besoins et vos désirs, il
les connaît mieux que vous.
Plongez vous dans le plus parfait silence.
Dieu m’aime du même amour dont il s’aime Lui-même.
On ne saisit pas Dieu là où il est bon, vrai .. . mais jusqu’au
fond dans son unité et sa solitude, dans son désert et dans
son propre Fond.
4. La Vie Unitive.
Sors, si tu veux que Dieu entre. Mourrez à toutes choses. L’âme
doit s’oublier et se perdre elle-même.
Il faut pénétrer au plus intime de son Ame, dans ce Fond qui
est à l’abri de tous les accidents.
Il faut renoncer à toutes ses privations, car avec Dieu on a tout
et on n’est privé de rien.
Il y a dans l’homme un Fond sans fond.
La déiformation est l’anéantissement dans l’Abîme
suprasubstantieI
La pensée ne reste pas au repos tant que Dieu ne se manifeste pas
à travers elle pour arriver à trou-ver son insondabilité.
Plus l’âme est dans la nudité et la vacuité, mieux
elle est saisie par Dieu.
Il est dans l’âme une puissance qui n’est liée
à rien, Dieu s’y trouve totalement.
Si l’homme arrive à y pénétrer, il ressent une
Joie profonde et une Grandeur innommable.
En un seul instant il est uni à Dieu.
Dans le présent éternel, la splendeur divine, il est dans
une seule et même lumière avec Dieu, avec une Joie et des délices
tels que nul ne peut en témoigner en termes suffisants.
En un seul in-stant les choses n’existent plus.
Mais jouir de Dieu et le rechercher pour cela, c’est envelopper sa
tête dans un manteau et la mettre sous un banc. La Joie du Seigneur,
c’est le Seigneur Lui-même.
L’homme noble doit se libérer de Dieu même pour que le
Vide absolu se fasse en son âme.
La conscience de l’union à Dieu est l’obstacle à
la parfaite béatitude.
On n’est pas semblable à Dieu, on est uni à Lui, Un.
Au Fond de l’âme le Fond de Dieu et le fond de l’âme
ne sont qu’un seul et même Fond.
Uni à Dieu, l’homme devient par grâce, ce que Dieu est
par nature.