MÉMOIRES DE RECHERCHE DE L'INSTITUT :

Approche de l’expérience transpersonnelle
A travers le corps, le toucher, l’abandon corporel.

Par JANINE LATHIERE

… Aujourd’hui, pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, l’Occident commence à prendre au sérieux les expé-riences dans lesquelles nous touche l’autre réalité transcendentale, la réalité de notre être, que nous sommes dans notre profondeur.

Je parle toujours depuis quarante ans, de la même chose : de la transparence de l’homme à la transcendance intérieure. Il y a, une découverte à faire, l’humanité occidentale vit aujourd’hui un passage très difficile pour l’homme et beaucoup de choses qu’on ne connaissait pas, il y a quelques années, existent dans la tête de presque tout le monde.

C’est surtout dû à la rencontre de traditions orientales et de l’occi-dent, qui nous fait découvrir en nous mêmes ce que l’Orient connais-sait depuis toujours, la sagesse orientale d’une réalité qui, dans l’ombre de l’intelligence occidentale n’avait pas été assez perçue. C’est la réalité profonde de notre âme, de notre Etre.

Aujourd’hui, nous reconnaissons que, ce que non seulement la science mais aussi la théologie avaient mis de côté, se réveille l’endroit de la vérité profonde de l’homme et la redécouverte de l’homme en tant qu’être humain veut dire surtout la découverte de sa profondeur.

D’emblée se dire que c’est quelque chose qu’on Est et qu’on n’A pas et pour s’apercevoir de quelque chose qu’on Est, il nous faut apparemment une autre conscience que celle qui fait de tout ce qu’on regarde, un objet.

Il s’agit de devenir celui qui devient transparent vers sa propre transcen-dance : vis-à-vis de notre être intérieur.

Mais d’où savons-nous quelque chose de cet être-là ?

A travers une certaine expérience, mais les expériences ne sont pas l’imaginaire, voilà justement un grand changement qui se fait, aujourd’hui dans l’humanité occidentale. Jusqu’à présent, n’était compris comme réalité que ce qui pouvait faire un objet de notre conscience intellectuelle conceptuelle. Maintenant on commence à reconnaître comme vérité ce qu’on sent intérieurement. Il y a là des expériences particulières qu’on appelle des expériences privilégiées des instants étoilés, c’est un instant inouï”.

Et K.G. Durckeïm ajoute, quelque chose qui nous paraît très important pour la suite de notre recherche:
“Mais surtout si c’est une expérience légitime c’est en même temps la découverte ou la naissance d’une nouvelle conscience. L’expérience légitime est un appel, et c’est de devenir, maintenant celui qui non seulement une fois, par chance a eu le privilège de sentir le tout autre mais qui grâce à un travail qu’il fait sur lui-même, pourra devenir finalement le témoin du tout autre, dans l’existence.” ….

Et là, le cycle de formation à l’Institut de psychologie transpersonnelle, nous donne une synthèse et nous offre la chance de pouvoir y accéder et de vivre ces différentes techniques qui vont nous aider sur ce chemin.

Elles sont toujours pour:
éveiller la conscience à la Conscience.
augmenter l’attention.
augmenter notre niveau de conscience une fois éveillée.
stopper le bavardage mental et verbal.
entrer dans l’état non mental,
entrer dans le silence intérieur,
sentir, vivre notre profondeur
et quitter la multitude pour goûter le vide, qu’est cette plénitude intérieure.

Mais aussi réhabilitation de la place du corps.
Il est pris en considération, car nous sommes fermés, durs, statiques et il va nous aider à trouver cette réalité que nous sommes intérieurement, grâce à cette dimension de lâcher-prise.

Avec cette nouvelle vision de l’homme, réconcilé dans toutes ses dimensions : physique, psychique, spirituelle, nous sentons bien que nous aspirons :
à la plénitude
à l’ordre et à l’unité.

Nous avons vu, que le transpersonnel est l’approche de l’être humain dans laquelle est pris en considération cette présence de l’archétype de la tota-lité, ou de l’être essentiel qui transcende l’égo, le contient et le situe à sa juste place.

Ainsi, le transpersonnel nous amène à cette dimension de l’ouver-ture au niveau du coeur et cette dimension de l’amour est magnifique. C’est cet élan d’amour qui doit être transmis, il nous faut apprendre à aimer, à nous libérer de tout ce qui nous empêche, de nous ouvrir et d’aimer.
Existe-t-il, preuve plus grande, plus solide, de l’authenticité d’une expérience, que la transformation totale qu’elle suscite?
A quoi bon, une expérience transpersonnelle si cela ne nous change pas. Ne nous remet pas en question en profondeur. Ne nous ouvre pas à nous-mêmes, aux autres, à la nature, à l’univers, au Divin, au Tout.

Dans ce mémoire de recherche du transpersonnel, nous allons voir que:
- la réhabilitation de la place du corps est très importante.
- puis celle du toucher, qui va amener
- à l’abandon corporel
- et cet état d’abandon, nous conduira à l’expérience trans-personnelle.

Mais tout d’abord le corps.

Nous avons dans notre vie, le plus merveilleux des compa-gnons qui soit : le corps.

Mais, qu’est-ce que le corps humain?
Dans Dialogue avec l’ange - G. Mallaz écrit:
“Le corps n’est rien d’autre qu’amour devenu matière”.

Il est vrai que nous sommes au départ de notre vie, “le produit” inachevé de géniteurs, rencontre d’amour d’une femme et d’un homme, et qu’ainsi nous portons tout l’héritage de deux familles et, bien plus encore, ce corps n’est-il pas le maillon d’une longue chaîne et s’il renferme toute l’expérience de l’humanité, la mémoire des ancêtres et la mémoire de l’univers.

Dans ce cas, il faut se poser la question de la place que nous lui donnons dans notre vie et de la façon dont nous le traitons.
A s’en tenir aux apparences, le corps, dans notre culture est fortement valorisé, sa santé, sa beauté, son confort, son plaisir font l’ob-jet de tant de soins, de dépenses, rien ne semble plus désirable que son bien être.
Corps séduisant, en forme, mais est-ce bien de la valorisation, ou s’agit-il plutôt d’un corps idéal, imaginaire, soumis à des normes déterminées comme le charme, la légèreté, la jeunesse, le teint hâlé?

Contrairement aux apparences, le corps a été longtemps oublié, voire méprisé, brimé au profit de l’esprit.
Il a même été considéré comme sale et impur.
Nous savons, aujourd’hui que l’être humain est une unité psychosomatique (de psyché qui signifie âme et soma qui signifie corps).
(Paris le 14 avril 1996)

 

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