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ARTICLES D'ACTUALITÉ - Janvier
2008
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PERSONNEL,
IMPERSONNEL ET TRANSPERSONNEL
chez Jacques VIGNE -
Marc Alain Descamps
-
POUR
ECHAPPER A LA VIOLENCE -
V. Trémintin
POUR ECHAPPER A LA VIOLENCE
par V. Trémintin
La violence de manière générale
se caractérise pas la force brutale, qu’elle
soit physique ou morale. Elle est synonyme de mal. C’est
un point de vue culturel ancré dans l’homme.
Mais la violence est dans la nature,
elle est une des forces, des manifestations de la nature.
Et l’homme, imitateur-né, a reproduit dès
son apparition au monde ce qu’il voyait. C’est
ainsi qu’il a appris la vie, c’est ainsi que sa
pensée s’est formée, c’est encore
ainsi que les premiers rudiments de conscience se sont constitués
en lui.
C’était il y a bien
longtemps et pour des raisons compréhensibles. Seul
de son espèce, différent de tout ce qui l’entourait,
de tout ce qui existait, possesseur d’une force inférieure
à celle de beaucoup d’animaux, démuni
devant la nature grandiose mais accablante, il s’est
plié aux exigences du milieu. Et il s’est adapté
en reproduisant le spectacle auquel il assistait quotidiennement.
La violence n’était donc pas un mal pour l’homme
primitif qui n’avait que sa force physique pour faire
face à toutes les difficultés qui se présentaient
à lui en permanence. Force physique bien faible en
comparaison de celles auxquelles il était confronté
et auxquelles il devait s’affronter.
C’est ainsi que des forces
autres que seulement physiques sont nées en lui au
cours des âges. Le monde actuel pourrait ne plus devoir
mettre l’homme en situation d’utiliser ces moyens
primitifs. Mais les contenus archaïques se sont engrammés
en lui et imprègnent encore son psychisme, la disparité
des modes d’évolution, de civilisation, de vie,
imprègne les diverses sociétés, l’accès
au confort matériel prime les autres valeurs, le sens
de vie est perdu pour la plupart, et l’individu est
livré à lui-même, presque autant démuni
qu’aux premiers temps de son histoire.
Le progrès culturel, social,
scientifique, matériel dont le 19ème et le 20ème
siècle attendaient beaucoup, tout même, n’ont
pas apporté à l’homme ce qu’ils
lui promettaient. Le mythe du bonheur, archétype constitutif
de l’homme, vit toujours en lui et, non encore conscientisé
individuellement, se transforme en besoin absolu de l’obtenir,
quels qu’en soient les moyens et les formes.
Quelle que soit la société
à laquelle l’homme appartienne, pays développés,
en voie de développement ou sous-développés,
les slogans vantent les bienfaits des biens matériels.
Alors que nous savons que 25 % des habitants de la Planète
possèdent 75 % du revenu mondial. Les pays développés
sont de moins en moins riches, et beaucoup des autres sont
de plus en plus pauvres, en dépit des efforts fournis
par l’aide des premiers. Le chômage fait de plus
en plus de victimes partout, la récession prend de
l’ampleur, l’inflation écrase certains,
la drogue, la délinquance, la corruption gagnent tous
les milieux et les populations qui vivent au-dessous du seuil
de pauvreté augmentent de façon inquiétante.
Un état de crise sans précédent
dans l’histoire s’est emparé de l’humanité
et il n’y a guère d’individus qui ne soit
touché d’une manière ou d’une autre.
Crise économique, crise des valeurs, crise du sens,
dangers qui menacent l’environnement, sont les nourritures
dont chacun est gavé. La saturation est à son
maximum et les forces archaïques sont réactivées
en l’homme menacé, chacun à son niveau.
C’est dans cette situation quasi-dramatique que l’on
peut constater que la conscience humaine est peu évoluée.
L’impression ressentie est
que la violence qui sévit est comme voulue.
Comme s’il ne suffisait pas
qu’elle atteigne réellement certains dans leur
corps, leurs biens et leur vie, — que ce soit individuellement
dans des crimes souvent gratuits, des vols, des viols, et
autres forfaits ou collectivement dans des guerres de plus
en plus atroces où le déchaînement des
haines raciales ou religieuses semble autorisé à
semer la terreur et la mort. Les médias prennent un
plaisir évident à déverser les scoops
sanglants et les scandales éhontés aux informations,
augmentés de films dans lesquels l’agressivité,
la violence et la cruauté font assaut de raffinement
dans l’horreur. Aux heures où les familles sont
rassemblées pour le repas et le repos du soir !
Au moment où, face aux ébranlements
que connaît toute l’humanité, il serait
souhaitable que les responsables gouvernementaux de tous pays
soient conscients de l’impact que les images ont sur
les masses et offrent à leur regard des spectacles
qui les anime de beauté, d’enrichissements. Or
l’on assiste au contraire à des poussées
de violence qui menacent l’équilibre psychique
et affectif de chacun. Peu de programmes montre la générosité
et la noblesse qui habitent cependant l’homme.
Tableau affligeant donné
par les aînés aux jeunes dont on voudrait exiger
politesse, pondération, ardeur aux études et
au travail et épanouissement dans leur vie sociale
et affective. Vision ubuesque servie par des dirigeants aux
peuples qu’ils veulent gouverner.
Où est l’exemplarité
attendue par les citoyens ? Il semble qu’on assiste
à une volonté de maintien et d’escalade
de la violence dans le monde et qu’elle soit cultivé
et diffusée par ceux qui devraient mettre un point
d’honneur à exalter les forces du bien, du beau,
du vrai ( j’ose à peine écrire ces termes
), au lieu d’afficher les spectres de la désolation
et de la décadence.
La mentalité des hommes
a peu évolué. Aux jeux du cirque offerts dans
l’antiquité ont succédé les divertissements
télévisuels de même nature. Amuser les
foules dans l’exhibition de l’horreur est signe
de décomposition des sociétés et de dégradation
humaine.
L’existence de l’homme
sur terre a toujours été marquée par
le tragique. Ainsi pourrait-on croire que telle est sa destinée
pour toujours. Il n’en est rien. Les millénaires
et les siècles passés ont été
tachés du sang de nos ancêtres. C’est à
travers les drames et les larmes que la conscience s’est
fait jour.
L’époque présente
porte le masque d’une grandeur et d’une abomination
aussi importantes l’une que l’autre.
L’homme est parvenu grâce
à la science à éradiquer les maladies
infectieuses et contagieuses qui emportaient les enfants en
bas-âge et des populations entières. Elle a réalisé
des prodiges de bienfaits dont chacun se félicite.
Elle n’a pas apporté le bonheur et la paix. Ce
n’est pas sa fonction. Ce n’est pas en son pouvoir,
Ceux-ci appartiennent à la conscience humaine, La vocation
de l’homme est la création de Conscience. Il
s’agit de ce supplément d’Âme qui
est requis, individuellement, pour passer de la conscience
ordinaire, dite phénoménale à la Conscience
Réfléchie, à la Méta-Conscience.
Il n’est pas question d’une autre conscience.
C’est la même, mais dans des fonctions et des
fonctionnements différents. Dans une vision du monde,
de soi et des autres moins centrée sur soi, plus globale,
plus vaste. Et oserai-je dire planétaire. Le monde
a changé, l’homme est resté en arrière,
car s’il s’est habitué au progrès
matériel et en exige toujours plus. Il n’a pas
modifié ses structures mentales, son psychisme. Ce
qui ne se voit pas est infiniment plus complexe à traiter
que ce qui apparaît à nos yeux, à nos
sens. Le monde de l’intériorité est masqué
par le monde sensible. Si l’humanité veut vivre
elle doit changer.
Tout homme a droit au respect, à
la vie qui commencent par la satisfaction matérielle
des besoins fondamentaux manger à sa faim. Avoir un
toit. Et à la satisfaction immatérielle des
mêmes besoins fondamentaux se sentir reconnu, accepté,
respecté. Tant que l’homme se sent exclu, il
se sent aussi humilié. Et la blessure tôt ou
tard se transforme en souffrance non tolérable. Et
la violence monte ,.. Nous connaissons la suite. Elle est
tragique et s’exerce depuis si longtemps... L’intelligence
de l’homme a progressé. Son niveau de conscience
peut aussi progresser. Pour le moment, l’humanité,
au sens Teilhardien, est encore à venir.
Et l’HOMME reste à
faire.
Peut-on éradiquer la violence ?
Pour l’homme c’est impossible, mais transformer
cette énergie, quand elle fait des ravages, en forces
constructives, me semble faisable.
V. Trémintin
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